Un mois au cœur des cités : immersion d’une élève de l’ESSEC au Rocher

Depuis plusieurs années, Le Rocher accueille des étudiants de l’ESSEC pour leur immersion terrain. Cette année, ce sont 15 étudiants qui ont choisi de vivre leur expérience de première année au sein de nos antennes. Parmi eux, Violette nous partage son témoignage.

Plonger dans l’inconnu

« Je voulais comprendre la réalité derrière les clichés », explique Violette, étudiante à l’ESSEC, qui a passé un mois dans la cité Campagne Lévêque à Marseille avec l’association Le Rocher. Objectif : découvrir la vie des quartiers populaires, déconstruire ses préjugés et expérimenter une organisation où la rencontre et l’amour sont au centre.

Comprendre la fracture sociale

Lors de la formation à Paris, Violette découvre l’histoire des cités : « J’ai été étonnée d’apprendre que seulement deux générations nous séparent des bidonvilles. » Elle comprend vite la triple crise qui frappe ces quartiers : économique, avec une précarité persistante ; sécuritaire, où « la violence devient un code social » ; et affective, marquée par « des jeunes qui n’ont pas foi en leur capacité de se dépasser ».

Avant son départ, Violette avoue ses appréhensions : « J’avais peur que les habitants me méprisent, qu’ils pensent que je me prends pour une sauveuse. » Mais la réalité est différente : « L’atmosphère est détendue, tout le monde se connaît. On dirait presque un village ! »

Une immersion totale

Animations de rue, cafés des femmes, repas partagés, visites à domicile : chaque journée est rythmée par des moments pensés pour briser l’isolement. « J’ai été bouleversée par certaines histoires, comme celle de Souad qui a fui l’Algérie pour protéger ses enfants », confie Violette. Ces instants révèlent des réalités dures : « Une mère épuisée qui n’a plus la force de donner de l’amour, des enfants qui cherchent juste de l’attention.

Habiter dans un HLM, subir les nuisances sonores, croiser les guetteurs : autant de réalités qui permettent de comprendre la complexité des cités. « L’appartement dégageait une odeur d’humidité et de drogue… J’ai compris que mon confort allait disparaître », raconte Violette. Pourtant, elle relativise : « Ces conditions difficiles nous ont été utiles pour accompagner les bénéficiaires. »

Des leçons de management et d’humanité

Au Rocher, chaque action est guidée par une raison d’être : remettre l’amour au centre. « Arnaud (directeur du Rocher) nous a dit : il faut que les habitants se sentent aimés. Cette phrase m’a marquée », confie Violette. Cette mission donne du sens au travail des volontaires et renforce leur motivation. Les responsables, Manon et Étienne, incarnent un management positif : « Ils nous faisaient confiance, nous déléguaient des responsabilités et nous remerciaient pour chaque tâche.

« Face aux confidences des habitants, j’ai compris que parfois, la meilleure aide, c’est le silence et la présence. Moi qui ai tendance à tout positiver, j’ai dû apprendre à juste écouter. »

Une expérience qui transforme

Cette immersion a vraiment bousculé Violette : elle a laissé tomber ses préjugés et a mieux compris ce que vivent les habitants des cités. « Ça m’a fait grandir. J’ai appris à écouter, à gérer une équipe…Et surtout, j’ai compris que le Rocher, même s’il ne peut tout résoudre, est essentiel pour offrir un autre modèle : celui de la rencontre et de la dignité.. »

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