En mission dans les quartiers sensibles.

Actualités

Actualité récente du Rocher

30Juil

« Le Rocher n’a pas été accueilli à Chambord, il a été fêté. »

Cette année, Le Rocher a eu la grande, GRANDE JOIE de participer au plan Quartiers d’été 2020, un dispositif mis en place par l’Etat, plus précisément le CIPDR [1], pour les habitants des quartiers, en réponse à un confinement difficile et des possibilités de vacances encore plus réduites que d’habitude.

Au total, 500 personnes (400 habitants de nos quartiers et 100 salariés, volontaires ou bénévoles du Rocher) ont pu venir au Domaine national de Chambord entre le 26 juin et le 26 juillet 2020, où nous avons été accueillis comme des princes ! Six des neuf antennes du Rocher ont ainsi pu découvrir l’emblème de la Renaissance française à l’occasion de 12 camps de 3 à 6 jours et 8 journées découverte. Ces journées ont pu avoir lieu pour les antennes d’Île-de-France, dont les 3h de bus ont été l’occasion de constater que « la sortie de Paris est décidément très bouchonnée ». Ces journées ont surtout permis à beaucoup, comme Awa, une maman des Mureaux, « d’avoir un jour de vacances dans l’été » !

La monotonie n’était pas de rigueur devant le nombre d’activités que propose le domaine, et auxquelles nous avons eu la chance de participer. Chaque groupe a pu retrouver son âme d’enfant devant le spectacle de chevaux et de rapaces mettant en scène François Ier, le roi chevalier. L’acteur interprétant François Ier était si convainquant qu’il a du s’habituer à répondre à une question existentielle récurrente à l’issue du spectacle : « François, on peut caresser tes chevaux ? ».

Pour les familles et les jeunes venus vivre la ‘vie de château’ , ces vacances ont aussi été l’occasion de se dépenser après deux mois de confinement sans sport. Chambord leur proposait en effet d’éprouver leur endurance à vélo lors des promenades dans la réserve naturelle (ainsi que leur sang-froid devant les nombreuses familles de sangliers et de cerfs croisées), ou de mesurer leurs muscles d’athlètes au cours de courses de barques ou de rosalies [2] autour du Grand Canal. Une énergie aussi vite regagnée dans des siestes prolongées face au château ou en bord de Loire à Saint-Dyé.

Deux guides embauchées spécialement par Chambord pour accompagner le Rocher sur place nous ont permis de parfaire nos connaissances de l’Histoire de France dans des visites guidées royales ou aucune porte fermée n’a su opposer de résistance à notre curiosité. L’accueil de Chambord était tel qu’on se promenait (presque) avec les clefs du château dans nos poches – lorsqu’elles y rentraient. Les groupes ont ainsi pu monter au sommet de la lanterne centrale qui domine l’escalier à double révolution. Un privilège qui a sans doute fait des envieux du Rocher parmi les touristes ! A l’issue de la visite, Ousmane était admiratif : « Je vais avoir des étoiles quand je vais fermer les yeux ce soir. Je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi beau ».

Ces vacances, très bienvenues, ont été couronnées par la rencontre avec notre président de la République, monsieur Emmanuel Macron, ce 22 juillet, à l’occasion de la journée de restitution nationale du Plan Quartiers d’été 2020 à Chambord. Trois ministres étaient également présents : Monsieur Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, Monsieur Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, et Madame Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. Toute cette délégation a pu rencontrer 120 personnes du Rocher venues des antennes de Bondy, de Marseille, des Mureaux, de Nîmes, de Paris et de Rillieux-La-Pape, ainsi que l’équipe nationale, tous réunis à Chambord ce jour-là. Ce petit monde en est ressorti émerveillé. Mohammed, en camp avec l’antenne de Nîmes, a voulu le signifier en lançant à Emmanuel Macron : « On vous dit merci Monsieur le Président ! »

Ce mois de juillet que nous venons de vivre à Chambord restera assurément parmi les moments inoubliables qui font le Rocher. Quels beaux moments de rencontre entre les habitants des quartiers, les équipes du Rocher et les professionnels de Chambord, qu’ils soient guide historique, jardinier, comédien, fauconnier, cavalier de la garde républicaine ou encore garde-forestier ! Pour cela, nous ne pouvons que remercier le CIPDR pour son accompagnement sur mesure, le Domaine national de Chambord pour sa bienveillance qui nous a donné des ailes, et tous ceux qui nous ont permis de planter nos tentes chez eux dans la région !

Nous laissons le mot de la fin à la sagesse spontanée d’un jeune venu avec l’antenne de Rillieux : « J’ai trop aimé, est-ce qu’on peut vivre à Chambord ? »

[1] Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation, Ministère de l’Intérieur

[2] Véhicule à pédales

 

28Juil

Au zoo avec des Guides Boulonnaises

Nous sommes neuf guides SUF venues de Boulogne-Billancourt accomplir notre service d’été au sein de Campagne Lévêque. Nous avons vécu dix jours riches en vivant dans la cité et partageant les animations de rue quotidiennes, les repas et la simplicité des échanges avec les familles. Nous avons découvert et pris goût ici à une véritable joie de vivre destructrice de nos à prioris, fondatrice d’unité et d’amour.

Au cours de notre séjour, nous avons emmené des enfants en sortie. Pique-niques dans le sac à dos, nous voilà parties avec onze jeunes du quartier à la rencontre des animaux du zoo de Sanary. Les petits explorateurs ont avec plaisir nourri les daims, les chèvres et les perroquets ! Cette sortie n’a fait que resserrer les liens établis une semaine auparavant lors du camp sous la tente avec les volontaires du Rocher. Joie et émerveillement étaient au rendez-vous !

28Juil

En camp dans le Vaucluse

Début juillet, recruté à la dernière minute suite à l’empêchement d’un animateur, je me retrouve à Marseille pour accompagner une vingtaine de jeunes de la cité de Campagne Lévêque pour vivre un camp d’une semaine dans le Vaucluse.

Au programme : olympiades, grand jeu, concours cuisine, baignade, accrobranche et veillées. Mais aussi : service, ménage, cuisine et vaisselle.

Nous étions 10 encadrants.

Moi, si je devais résumer ce camp aujourd’hui avec vous, je dirais que ce sont d’abord des rencontres, des rencontres avec les jeunes, dans les jeux, dans les discussions et parfois, dans les difficultés. J’en ai appris plus sur eux, sur leur quotidien, leurs peurs et leurs rêves. Je me suis réjoui de toute les « pépites », de tous les moments joyeux de la journée : le sourire de l’un après une bataille d’eau, la fierté d’un autre d’avoir préparé un repas ou la gentillesse d’un troisième toujours prêt à rendre service… En bref, j’ai appris à les aimer.
Une semaine fatigante certes, mais pleine découvertes et de joie !

Pierre-Emmanuel, bénévole

27Juil

Une nouvelle expérience de formation pour les adjoints du Rocher

Les 7 et 8 Juillet, a eu lieu à La Maison Des Familles les Buissonnets un temps de formation et de partage d’expériences. Celui-ci était destinée aux adjoints  des différentes antennes de l’association le Rocher Oasis des Cités, l’une des associations fondatrices de notre Maison Des Familles. Elle a réuni 13 personnes, avec pour thème le Développement du Pouvoir d’Agir. Le but était de permettre à chaque salarié de poser un bilan sur sa façon de mettre en place ce concept dans ses pratiques professionnelles.

C’est la première fois que les salariés du Rocher vivaient une formation à la Maison Des Familles, et les parents y ont été associés en tant qu’intervenant à part entière pour une matinée. En effet, pour réfléchir sur notre façon de travailler avec et pour les familles, les intégrer dans ce temps de réflexion semblait indispensable. Nous leur avons proposé de venir expliquer comment nous faisions concrètement à la Maison Des Familles pour travailler « avec et pour les familles ».

Nous avions à cœur de confier aux parents un temps de parole conséquent, qui puisse à la fois être analytique et pédagogique pour s’adresser à un public professionnel. Ainsi, prendre la parole en tant qu’intervenant fut un certain défi, qui a demandé de l’investissement et de l’exigence. Pourtant, nous pensions que cela valait la peine de mettre ensemble de la pensée sur les activités de notre quotidien et de prendre du recul sur nos difficultés.

Cinq parents ont relevé le défi dont le couple membre du conseil d’administration. L’intervention qui a duré une matinée a nécessité deux temps de préparation avec eux pour se mettre d’accord sur le fond et la forme.

Nous avons choisi comme fil rouge les « composantes du processus d’empowerment individuel » citées dans le cadre de référence de la Maison Des Familles, afin d’avoir des mots clefs pour orienter notre réflexion et notre discours :

La participation, les compétences pratiques, l’estime de soi et la conscience critique.

Puis avec les parents, nous avons trouvé des exemples qui illustrent chacun de ces termes, et nous avons réfléchi sur les conditions à réunir pour permettre de concrétiser chacun de ces quatre termes. Nous avons aussi pris le temps de mettre des mots sur les difficultés et les conflits. Il a fallu également se répartir la parole et réfléchir sur la façon de présenter les choses. Les membres de l’équipe ne devaient intervenir qu’en tant que modérateur.

Le jour même, après un temps d’accueil chaleureux, les parents ont chacun pris la parole, alternant temps de récit et temps de question/réponses avec les salariés. Des photos de chaque événement et projet servaient d’outil pour la présentation.

Les salariés ont été touchés de la façon dont les parents présentaient la Maison Des Familles comme si c’était la leur. Ils ont aussi noté comment les familles investissent ce lieu, et participent aux différents projets.

En amont de la formation, les deux temps de préparation avec les parents étaient très riches en soi. Ils nous amenés à nous poser plusieurs réflexions sur le cadre de référence. Par exemple :

-Dans les faits, chacun des quatre termes : « participation, compétence pratique, estime de soi, conscience critique » dépendent les uns des autres, à la manière de la poule et de l’œuf.

-Les parents ont également fait remonter un paradoxe : pour que les parents et les enfants participent à la vie de la Maison, il faut que ce soit l’équipe et non eux qui tiennent ce cadre. Finalement plus on cherche la participation des personnes concernées, plus l’équipe doit s’investir. Nous le voyons souvent, et nous l’avons encore vu pour ce temps de formation, car chaque préparation ensemble demande du temps et de l’énergie. En même temps, en voyant la fierté et la liberté des adultes dans leur prise de parole, ce temps n’est pas du temps perdu.

30Juin

“Etre adjoint d’antenne au Rocher est une expérience exceptionnelle”

Certains de nos adjoints d’antenne nous ont partagé leur vision de leur travail.

Blandine, éducatrice spécialisée, adjointe à Grenoble

“Je suis arrivée au Rocher pour mon stage long (1 an) quand j’étais en formation d’éducatrice spécialisée à Lyon. Après mon diplôme, 6 mois après min stage,  j’ai tout de suite postulé au Rocher pour être salariée, c’était pour moi une évidence, j’avais été conquise lors de mon stage !

Travailler au Rocher est une expérience exceptionnelle, en tant qu’éducatrice spécialisée grâce à la diversité des missions qui nous sont confiées et à la confiance de l’association. Nous avons une grande liberté pour nous approprier les valeurs de l’association et lancer de nouveaux projets.

En tant que professionnelle, ce que j’apprécie le plus au Rocher, c’est le fait de pouvoir accompagner les habitants dans la durée, sans obligation de résultat. Le cadre de travail nous permet de nous mettre au rythme de la personne, en fonction de ses capacités, en prenant le temps d’établir une relation forte de confiance. La priorité est à la relation avant toute organisation. Les relations fortes au sein de l’équipe permettent de réguler les différentes situations, de s’épauler et de se soutenir.

J’ai découvert au Rocher la joie de manager avec le responsable d’antenne une équipe. J’apprécie conseiller et accompagner les volontaires en Service civique, stagiaires et bénévoles qui composent l’équipe.

Le travail de rue est aussi une grande joie pour moi. Le principe de libre adhésion est essentiel dans le travail au Rocher. Les habitants viennent nous voir s’ils le désirent, s’ils sentent qu’avec nous, qu’ils vont pouvoir grandir. C’est un apprivoisement constant, une relation qui se crée dans le temps, mais au combien solide !

Osez l’aventure !”

Timothée, apprenti éducateur spécialisé, adjoint d’antenne à Toulon La Beaucaire

“Avec mon responsable d’antenne, nous nous entendons bien et cela se ressent dans le travail : nous entretenons une réflexion commune et nous nous complétons sur les orientations, les réflexions, les décisions à prendre. En tant que travailleur social, j’ai acquis une prise de recul par rapport aux situations du quotidien dans l’accompagnement des habitants, et on me sollicite régulièrement pour cette raison. Je suis directeur des accueil de loisirs avec les enfants : je dirige les accueils du mercredi et des vacances, je mets en place le projet pédagogique, j’accompagne l’équipe dans l’encadrement des enfants et des familles (liens parents enfants).
Grâce aux formations du Rocher, notamment celle sur le Développement du Pouvoir d’Agir (DPA), j’apprends à toujours mieux accompagner les habitants. Le Rocher, c’est une responsabilisation : ça m’a apporté énormément sur la prise de décision, sur le positionnement sur des mesures à prendre, des choix à faire…. Etre au Rocher, c’est être au cœur de ce qui se passe et pouvoir à partir du lien de confiance crée avec les habitants, apporter un accompagnement plus pertinent, plus adapté et plus responsabilisant pour les personnes.”

Estelle, éducatrice spécialisée, adjointe à Toulon Sainte-Musse

“Ma joie d’être adjointe c’est de pouvoir travailler en toute confiance et avec beaucoup de complicité avec ma responsable d’antenne. C’est une relation unique que l’on retrouve peu dans les structures sociales. C’est pouvoir avoir un espace de créativité et d’élaboration de projet, pouvoir suivre les familles les plus en difficultés, réfléchir à ce que l’on a vraiment envie de vivre tout en répondant aux besoins de la cité. Par ailleurs, être adjoint m’a permis de mieux comprendre le milieu  institutionnel. Le fait d’être quotidiennement en lien avec le délégué du préfet,  les services de la politique de la ville, la mairie, etc. m’a enrichie professionnellement et humainement car j’ai l’occasion de rencontrer des personnes voulant changer la situation des cités, des personnes qui croient en l’œuvre du Rocher et qui tentent avec leurs moyens de nous accompagner. Par exemple, en ce temps de crise sanitaire, devant changer notre mode d’accueil de public, le délégué du préfet n’a pas hésité à nous contacter à plusieurs reprises pour voir comment optimiser les moyens pour le meilleur accompagnement des familles (proposition de nouveau partenariat, aide financière, etc.).”

Sixtine, diplômée d’école de commerce, adjointe aux Mureaux

“Voici les 3 aspects de mon travail en tant qu’adjointe qui me plaisent particulièrement :

Etre ancré dans son territoire : Rencontrer en une même journée des familles de la cité, des élus et des bénévoles de tous âges!

Etre au cœur des enjeux de l’antenne tout en vivant des journées à mille à l’heure sur le terrain : on passe du dossier de subventions à l’accompagnement à la scolarité, en passant par une partie de foot.

En fait pour moi, ce poste est un enchevêtrement d’actions, qui nécessite de passer avec flexibilité d’activités très terrain à superviser, encadrer, à des projets à plus long terme impliquant de ne jamais perdre de vue la vision de l’antenne, ses enjeux, pour contribuer à accompagner son équipe au mieux dans le quotidien de cette mission très intense.”

29Juin

Un Weekend à Saint-Malo

Le weekend du 20-21 juin, nous sommes parties à Saint-Malo avec les Sentinelles de Bondy (4 jeunes filles en 3ème et 2nde ). Une maison nous a gentiment été prêtée, nous permettant d’explorer les environs à pied. Les filles étaient ravies de découvrir la beauté et diversité du paysage lors d’une longue balade sur le littoral. Pour explorer le quartier intra-muros dans les moindre détails, un jeu de piste était prévu, avec à la clé une super dégustation de Kouign-Amann. Nous aurions toutes aimé prolonger ce super weekend qui selon l’une d’elles « était le meilleur de leur vie » !

16Juin

“Les étoiles pleins les yeux”

Un merci particulier au fonds Choeur à l’ouvrage qui a soutenu ce projet

L’atelier couture du Rocher c’est tous les mardi après midi. Nous nous retrouvons toutes entre machines , tissus à oudre, rire, échanger. Cette année nos séances avaient un point de mire important : Le défilé !!!

Fin  février le grand jour est arrivé ! Entre rires, essayages, conseils et coutures, nous avons eu l’occasion de monter sur scène pour participer à un défilé de mode… Le déffilé des culture de Montfermeil dont les thèmes étaient : les tenues traditionnelles du monde entiers et la princesse Cendrillon.

Ni une, ni deux nous voila embarqué dans un aventure avec une partie des femmes de l’atelier : Clothilde, Thérèse et Djeneba, Jean-Marie notre couturier styliste et moi même (Joséphine).

Après avoir trouver des robes hautes en couleur nous nous sommes attaqué à la robe de Cendrillon que nous devons confectionner pour le la deuxième partie de ce défilé.

Chacun y mets du sien, l’une cou les jupons, l’autre découpe… Et tout le monde donne son avis pour que la robe sois la plus belle au feu des projecteurs.

Dans les coulisses la bonne humeur est au rendez-vous, chaque personne est heureuse de revêtir sa création.

Un instant unique pour ces femmes dont c’était leur premier fois sur scène.

« D’abord je te remercie Jean-Marie de m’avoir fait découvrir quelque chose de nouveau, c’était un rêve pour moi de voir les coulisses d’un défilé de mode. Au début je pensais que ce serait des gamineries mais j’ai vu que c’était vraiment sérieux, parce qu’il y avait beaucoup de candidats, j’ai vu comment dans les loges on se décarcasse pour bien défiler. C’est un souvenir inoubliable.

Je raconte tellement ça autour de moi que parfois je donne envie aux gens de tester, de voir comment ça se passe. C’était en plus un vrai défilé avec des grosses têtes dedans, des anciens mannequins, des ambassadeurs et tout le monde étaient à nos petits soins. C’était fantastique, je ne cesserai jamais de remercier Jean-Marie et si c’était à recommencer, je recommencerai tout de suite. Merci à tout le monde pour cet événement qui permet aux gens sans parole de sortir de leur tanière, merci beaucoup ! »  Clothilde

Un merci particulier au fonds Choeur à l’ouvrage qui a soutenu ce projet

Culture-défilé CC 2020

Culture-défilé CC 2020

Culture-défilé CC 2020

Culture-défilé CC 2020

Culture-défilé CC 2020

Culture-défilé CC 2020

©-Franck-DUNOUAU

28Mai

« Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l’un pour donner, l’autre pour recevoir.» Goe

Comme pour tout le monde, le confinement a été une situation inédite pour La Maison Des Familles. Cela nous a poussé à modifier notre fonctionnement et les activités mises en place. Ainsi pour soutenir les familles, nous avons organisé avec leur aide : une distribution alimentaire, un accompagnement à la scolarité à distance pour 23 enfants et adolescents du CP à la Terminale ou encore des permanences téléphoniques quotidiennes…

Les activités comme l’aide alimentaire nous ont interrogé sur la réciprocité dans la relation. On retrouvait le lien vertical de l’institution vers la famille qui est ne correspond pas au fonctionnement participatif de La Maison Des Familles. Celui-ci se résume ainsi « avec et pour les familles en pensant et agissant ensemble».

En effet, il est important d’insister sur cette reconnaissance. En premier, il est essentiel de respecter la liberté de chacun dans sa possibilité d’accepter ou de refuser l’aide proposée. Ensuite, il est bon que la personne se sente reconnue dans sa dignité humaine grâce à des attitudes qui passent par l’écoute, la compassion ou l’empathie. Cela permet d’établir une relation de qualité. Enfin souvent le sentiment de gratitude des personnes face à l’aide proposée, les poussent à vouloir donner en retour. Ils mettent ainsi leurs talents au service de la communauté. De ce fait, cela invite l’équipe comme les familles à alterner entre la position de donneur et de receveur. Un moyen de garder à l’esprit que quel que soit son histoire ou son parcours, chaque personne est riche d’un savoir à partager.

Pour conserver cette réciprocité pendant le temps du confinement, plusieurs possibilités existaient au sein de La Maison Des Familles. En voici, quelques exemples :

Tout d’abord, les adultes pouvaient devenir « parent bénévole » afin d’aider à la distribution de l’aide alimentaire dans la stricte mise en œuvre des gestes de protection. De même, nous avions à cœur de créer le plus possible une relation durable avec les nouvelles personnes aidées. C’est ainsi que certaines familles, rencontrées par ce biais, reviennent aujourd’hui à La Maison Des Familles pour y passer un moment avec ou sans leurs enfants.

Par ailleurs, nous avons lancé le projet « Donner et recevoir » autour de la confection de gâteaux et de masques lavables. Les familles avaient la possibilité de récupérer des ingrédients à La Maison Des Familles pour cuisiner chez elles et offrir des gâteaux, de façon anonyme, à d’autres familles de La Maison Des Familles. Si les personnes savaient coudre, il y avait du tissu à disposition ici pour créer chez soi des masques en tissus pour d’autres.

Ainsi toute contrainte peut devenir une opportunité de donner et de recevoir, avec la grâce de Dieu.

Finalement, qu’as-tu que tu n’aies reçu ?

25Mai

Confinement rime avec… mouvement !

Le 17 mars dernier, nous avons appris comme vous tous les mesures liées au confinement. Pas question d’être inactifs, mais au contraire de rester en mouvement ! On salue l’agilité de l’ensemble de l’équipe du Rocher de Marseille qui est restée autant voire plus encore mobilisée et qui a su rapidement s’adapter pour assurer 2 enjeux  : 

– Le premier,  continuer à œuvrer dans l’ADN du Rocher  en restant présents aux gens même en étant physiquement séparés. Il s’agissait pour cela d’assurer la continuité du lien social, via des coups de fils (amicaux ou du phoning pour 13Habitat, le bailleur social) ou encore des cartes postales envoyées aux personnes isolées. Nous avons également assuré la continuité pédagogique en suivant par téléphone et avec l’aide de « bénévoles de crise » venus en renfort les enfants et jeunes inscrits à l’accompagnement à la scolarité.  

– Le second,  créer de nouvelles actions  afin de répondre aux nouveaux défis du confinement qui a fait naître ou creusé des difficultés/inégalités dans le quartier. Ces défis ont été de plusieurs types : il y a eu en particulier la gestion de l’urgence alimentaire (nous avons fait un partenariat avec l’association Banlieues Santé pendant toute la durée du confinement) mais aussi l’écoute et l’accompagnement des voisins du quartier dans leur peur et leur anxiété. Nous avons pu inventer de nouvelles propositions aux familles comme la lecture de contes pour occuper les jeunes enfants. 

Nous avons veillé à rester en contact avec tous en publiant des news et des vidéos sur différents réseaux sociaux.

Notre regard d’espérance nous a fait garder le cap et la motivation !

 

25Mai

La montagne… ça vous gagne !

Les camps à la montagne sont presque devenus une habitude pour les ados marseillais… En février, les voilà repartis tous ensemble, et avec une équipe de l’antenne des Mureaux, pour un séjour mémorable dans la magnifique abbaye de Tamié ! Joie de la rencontre, découvertes et apprentissages, dépassement de soi… Tout était réunis pour passer un beau moment. En voici quelques bons souvenirs :

 

Dès notre premier réveil à l’abbaye de Tamié, nous avons eu la joie de voir la neige tomber à gros flocons. Il nous a été proposé de découvrir l’abbaye au travers d’une vidéo ainsi que la fromagerie qu’elle abrite. Nous avons eu le droit sur les trajets à de bonnes batailles de boules de neiges. Malgré un temps couvert, nous sommes partis l’après-midi pour une randonnée autour du Col de Tamié avec notamment un passage devant l’imposant Fort de Tamié. Nous sommes rentrés mouillés mais heureux de cette première journée savoyarde !

Notre deuxième journée savoyarde a été l’occasion de partir sous un grand soleil pour la ville d’Annecy et son lac au bord duquel nous avons pique-niqué en compagnie de cygnes qui ont fait fuir une bonne partie du groupe ! Nous avions commencé le matin avec une visite du château-musée d’Annecy puis nous étions attendus l’après-midi à la caserne du 27e Bataillon de Chasseurs Alpins pour une super visite. Au programme : décollage d’un hélicoptère depuis la cour d’honneur, présentation du processus de recrutement, visite du régiment et de ses véhicules blindés et enfin séance de tir à la carabine à plomb au stand de tir ! Après une remise de goodies en rang serré, nous sommes rentrés avec des étoiles dans les yeux de cette journée riche en découvertes !

Un super grand jeu nous attendait pour le troisième jour ensoleillé de notre séjour en Savoie. Trois équipes composées de jeunes de Marseille et des Mureaux s’affrontaient tout au long de la journée autour du thème de la Résistance sous les noms : “Félix Germain”, “Charles de Gaulle” et “Tom Morel ». Une monnaie gagnée le matin lors d’épreuves plus ou moins techniques pouvait être dérobée par les autres équipes, investie en bourse en misant sur les cours du pétrole, de l’éolien ou de l’agriculture, ou encore économisée pour acheter des troupes pour le jeu de l’après-midi. Ce jeu consistait à conquérir un maximum de territoire avec ses troupes représentées par des pions sur une carte de France. Les combats entre troupes sur la carte se matérialisaient par un réel combat de lutte dans le champ attenant, occasion pour tous de se donner à fond peu importe le froid et la boue !

Notre dernière journée savoyarde a été l’occasion de monter retrouver la neige sous le soleil à Bisanne 1500 pour y effectuer un départ en raquettes. Après une première partie de montée en bord de piste et au milieu des arbres, nous nous arrêtons pour pique-niquer sur un premier sommet à 1700m avec vue sur le Mont Blanc, royal ! Après un peu de luge, nous repartons ensuite pour une autre partie un peu plus exigeante qui nous fait grimper jusqu’au Mont Bisanne, 1941m, altitude maximale de notre balade et premier sommet 1900 pour la plupart des jeunes. Nous redescendons par des sentiers peu balisés qui nous donnent de fortes sensations, on se souviendra de la piste noir descendue sur les fesses ! Cette dernière journée forte en émotions nous assuré des souvenirs mémorables pour le reste de l’année !

Dès le début du camp, les jeunes de Marseille et des Mureaux ont rapidement sympathisé et créé un esprit de groupe agréable. Cela nous a assuré des veillées bien animées aussi bien par l’équipe préparatrice que par le public !

De nombreux temps jeux de société ont rempli nos fins de journée, heureusement nous avions emporté tout ce qu’il fallait pour plaire à chacun.

Les équipes définies pour la semaine et composées de jeunes de Marseille et des Mureaux étaient réparties chaque jour sur les services de cuisine, couvert et vaisselle, tout le monde a mis la main à la pâte ! Cela nous a assuré de bons repas dans une ambiance fraternelle tels que raclette, fondue, pizzas maison, etc…

Tous ces temps fraternels ont tellement plu aux jeunes qu’ils étaient volontaires pour camper de nouveau ensemble !

25Mai

La potion magique ? Les enfants du Rocher de Marseille sont tombés dedans !

Un mercredi pas comme les autres pour les enfants de l’atelier primaire… Ce matin de février, on leur a proposé de vivre une grande aventure ! Pour une fois, et pour leur plus grande joie (!), ils ont laissé leurs cartables fermés et sont partis au parc Brégante pour un grand jeu et un pique-nique ensoleillé.

A peine arrivés, ils ont découvert l’existence d’une recette de potion magique rendant les enfants plus forts et plus intelligents… Pas question de ne pas la découvrir ! Intrigués, les enfants, en équipes, ont du réussir différentes épreuves (chamboule-tout, mémory des oiseaux et relais) pour gagner les ingrédients composant le fameux breuvage. Après une course effrénée pour remporter l’ingrédient final, les enfants, tels des Gaulois assoiffés de potion magique, ont chacun reçu en file indienne une louche de potion. Une fois devenus forts comme des lions et intelligents comme Einstein, ils ont pu se retrouver pour le déjeuner. Ensuite, méprisant le concept de sieste, plein de force et d’entrain, ils entraînèrent leurs animateurs dans des parties endiablées de corde à sauter et de toboggans jusqu’au bout de l’après-midi. Ils sont rentrés chez eux (fatigués et) heureux et prêts à repartir dès que l’occasion se présentera !

25Mai

Mardi gras en fête à Campagne Lévêque !

Le mardi 25 février, Le Rocher de Marseille a organisé un grand événement au City-stade de Campagne Lévêque pour fêter mardi gras.

La proposition était claire : « de 11h30 à 16h30 au City stade de Campagne Lévêque, venez déguisés, apportez un plat de votre culture et laissez-vous surprendre par de nouvelles saveurs ».

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les habitants du quartier ont répondu présent à l’appel du Rocher puisque plus d’une centaine de personnes sont venues partager ce temps fraternel et convivial !

De nombreuses mamans avaient apporté des plats délicieux et nous avions prévu un stand où les jeunes du quartier ont pu participé à la confection de crêpes salées et sucrées pour accompagner le déjeuner. Et nombre d’entre eux sont venus déguisés ! Un atelier coloriage et dessin était à la disposition des plus petits pendant que leurs aînés pouvaient se joindre aux activités que nous leur proposions (Slackline, football, basketball etc.) tandis que les parents profitaient d’un bon café/thé.

Nous sommes très heureux de cet événement pour lequel notre rôle s’est, en fin de compte, limité à de la logistique de préparation tant les familles présentes ont eu à cœur d’en être les acteurs !

30Avr

Dans la nuit du confinement, que nous reste-t-il ?

Les rideaux métalliques des commerces ont été baissés, laissant ainsi un peu de répit à la collection printemps-été qu’ils renferment et qui promettait d’être dévalisée au retour des beaux jours. Là-haut, les avions se sont effacés et sont désormais à quai sur les tarmacs, laissant au ciel un repos que, peut-être, on lui devait. L’autoroute A7 que j’aperçois depuis le 12ème étage de mon bloc de Campagne Lévêque est bien vide aujourd’hui. Quant à la grue de ce chantier plus loin, elle s’est figée, tournée face à la mer, comme en contemplation. Combien de ceux du chantier, travailleurs précaires, y étaient payés au noir et ne bénéficient aujourd’hui d’aucune source de revenu ? Et voilà maintenant le soleil qui disparaît derrière les premiers reflets de la Côte Bleue, derrière L’Estaque, dans cette atmosphère feutrée du tout immobile.

Que reste-t-il quand tout s’est figé, quand tout est immobile, quand les transports pour se rendre au travail ont cédé leur place à des réunions fictives ? Que reste-t-il quand, jugée non essentielle, on a dû arrêter son activité ou fermer boutique et se mettre au chômage technique ? Alors, que reste-t-il ? Nous, ceux du Rocher, il ne nous reste rien et, pourtant, il nous reste tout. C’est aussi simple que ça : beaucoup de choses se sont envolées avec ce confinement mais il nous reste tout de ce que nous avions, parce qu’il nous reste l’essentiel.

(Oser la rencontre ?)

Car dans la nuit du va-et-vient économique, des trajets professionnels annulés, des avions cloués au sol, des rideaux baissés et des usines à l’arrêt, la personne, « matière première » de notre mission dans le monde des cités, demeure et demeurera. Comme le raconte si bien Antoine de Saint-Exupéry dans un chef d’oeuvre de littérature (NDLR : voir extrait choisi ci-après), des aviateurs échoués dans le désert ont la chance de pouvoir enfin se rencontrer, au beau milieu des dunes et dépouillés de tout, tels qu’ils sont : Hommes.

Alors, certes, notre chaîne de production a un peu changé : notre rideau baissé à nous au Rocher, c’est cette joyeuse partie de football au city stade du quartier qui ne connaîtra pas son coup d’envoi et ses genoux éraflés. Notre autoroute peu empruntée, c’est ce repas fraternel du mardi midi qui ne verra aujourd’hui ni les mets délicieux que ces femmes du quartier promettaient de cuisiner avec nous, ni les « Bismillah » s’entrelacer délicatement aux « Alléluia » quand tout le monde se rassemble autour de la table. Notre usine à l’arrêt, c’est la porte close d’un local où,
d’ordinaire, ils sont chaque semaine près d’une centaine de jeunes à suivre un accompagnement à la scolarité. Et j’en passe.

Si les modalités de notre action ont changé, le projet que nous avons au cœur, « Oser la rencontre, choisir l’Espérance », se poursuit. Appels téléphoniques aux personnes isolées du quartier, livraison de colis alimentaires aux foyers les plus précaires, accompagnement à la scolarité à distance, nouvelles formes de communication, lecture de contes par téléphone… Bref, dans la nuit autour, la personne humaine ne s’éteint pas, elle ne s’éteint jamais.

Nous avons cette chance formidable de pouvoir continuer à travailler. Nous avons peut être, plus encore, la chance de mieux sentir en quoi notre mission est si nécessaire et si belle : car le vacarme du rythme de notre société s’est tu, car beaucoup des choses qui nous semblaient futiles n’importent plus, parce que nombre de haies à franchir pour que les conditions de la rencontre soient permises sont désormais tombées et parce que celle de la distance qui nous
sépare les uns des autres semble, en fait, aisée à sauter quand on dégaine son téléphone.

(Choisir l’Espérance ?)

Quant à l’Espérance, je ne crois pas que le fait de la reconnaître plus rude à porter ces derniers temps l’invalide pour autant. Je dirais qu’elle est mise à l’épreuve et donc, c’est trivial, qu’elle en sort éprouvée. Il me semble que, dans cette période, notre Espérance fait des footings qui la laissent fatiguée, courbaturée parfois, mais qui la façonnent tant elle courra aujourd’hui un kilomètre de plus qu’hier quand le moral est bon, un mètre de plus quand du souci pour ses proches, un millimètre de plus quand la nuit fut trop courte.

J’ai eu récemment un très bel échange téléphonique avec un monsieur du quartier qui me disait : « À Campagne Lévêque, on nous laisse à l’abandon, j’ai l’impression qu’on est des chiens, qu’on nous regarde comme des bêtes ». Je n’ai pas trop su quoi lui répondre, et, peu importe d’ailleurs. Je crois qu’on a tous des blessures et des ennemis extérieurs à qui on a de bonnes ou de moins bonnes raisons d’en vouloir. Ce, même en temps normal évidemment. Les habitants des quartiers en ont sûrement davantage que d’autres mais je ne voudrais pas m’attarder sur ce point sombre et stérile. Quelques minutes plus tard, cet Andalou d’origine me raconte comment il redécouvre les jeux avec ses trois enfants, le Flamenco avec son fils et l’entraide avec ses voisins. Il conclut par : « On dirait qu’on a plus d’amour ». Et, moi, au bout du fil je l’entends sourire tandis qu’il répète « On dirait qu’on a plus d’amour ».

Magnifique, n’est-ce pas, que le fait d’avoir baissé le rideau métallique de ce petit appartement ait fait naître plus d’amour au beau milieu du foyer ? Cela n’enlève rien à la violence des tempêtes extérieures, aux rancœurs et aux douleurs vécues, cela ne redonne pas un boulot à exercer, cela ne remplit pas ce compte bancaire vide qui laisse dépendant d’une banque alimentaire, cela ne relève pas le rideau métallique de l’échoppe familiale et cela ne fera
certainement pas plus décoller cet avion qui dort. Non, cela n’efface pas les peines, cela permet simplement de les traverser. Je crois que c’est cela l’Espérance. Nous, au Rocher, dans nos équipes et dans chacun de nos cœurs, nous souhaitons continuer d’être au mieux les porte-étendards de cette Espérance fertile pour nous-mêmes et pour le monde des cités.

Demain sera peut-être dur, demain est sûrement loin. Nous le traverserons ensemble avec confiance : des personnes, comme lanternes dans la nuit du confinement, se sont reconnues à la lumière qu’elles émettent, elles avancent dans l’obscurité le pas sûr parfois, bancal souvent, mais ensemble, un kilomètre de plus qu’hier, un millimètre de moins que demain, tels les guetteurs de l’aube qui percera quand le matin du déconfinement sera venu. On y relèvera les rideaux métalliques et on redressera nos dos pour y affronter travail. Et on le fera, ensemble, comme toujours, si cela  est nécessaire.

Mon Espérance, c’est qu’on y parviendra en ayant gardé tout au fond de nous le trésor des déserts traversés et des dunes gravies le pas lourd. Et l’on fera jaillir de tout ce sable une société où la personne est plus évidemment essentielle, lampe au chevet d’un malade, lanterne sur les chemins escarpés, plus évidemment « rencontrable » et mieux « rencontrable », où les hommes avancent ensemble plus proches les uns des autres, en rang plus resserrés et fraternels…

Peut-être alors, songeurs, et certes dépouillés de certaines richesses extérieures du monde d’avant, pourrons-nous regarder la joie autour et murmurer « Tiens, on dirait qu’on a plus d’amour ».

Théophane Huyghues-Beaufond
——

Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes :
« Nous étions trois équipages de l’Aéropostale échoués à la tombée du jour sur la côte de Rio de Oro. Nous nous sommes donc installées pour la nuit. Ayant débarqué des soutes à bagages cinq ou six caisses de marchandises, nous les avons vidées et disposées en cercle et, au fond de chacune d’elles, comme au creux d’une guérite, nous avons allumé une pauvre bougie, mal protégée contre le vent.

Ainsi, en plein désert, sur l’écorce nue de la planète, dans un isolement des premières années du monde, nous avons bâti un village d’hommes. (…)

Du vent, du sable, des étoiles. Un style dur pour trappistes. Mais sur cette nappe mal éclairée, six ou sept hommes qui ne possédaient plus rien au monde, sinon leurs souvenirs, se partageaient d’invisibles richesses.

Nous nous étions enfin rencontrés. On chemine longtemps côte à côte, enfermé dans son propre silence, ou bien l’on échange des mots qui ne transportent rien. Mais voici l’heure du danger. Alors on s’épaule l’un à l’autre. On découvre que l’on appartient à la même communauté. On s’élargit par la découverte d’autres consciences. On se regarde avec un grand sourire. On est semblable à ce prisonnier délivré qui s’émerveille de l’immensité de la mer . »

23Avr

UN TOUR DE FRANCE 2.0

Qui a dit qu’on ne pouvait pas voyager en temps de confinement ? À Rillieux-la Pape, une quarantaine d’enfants est partie à la découverte des régions de France avec l’équipe « Tout en couleurs ». Le lieu de confinement devient alors une cabane magique qui permet en deux tours sur soi-même de se retrouver aux quatre coins du pays.

Chaque membre de « Tout en couleurs » représente une couleur et a sa propre spécialité : cuisine, sport, chant etc. Des bénévoles sont venus renforcer l’équipe et afin de faire vivre l’imaginaire au maximum, des vidéos sont envoyées quotidiennement aux familles.

J’aime beaucoup regarder les vidéos, en particulier celles de l’origami et des histoires racontées. J’essaye aussi de voyager dans ma cabane magique comme les forces de couleurs.” Sofiane, 9 ans

vidéo du lancement du tour de France 2.0 : https://www.youtube.com/watch?v=CybzVKUc4qQ&feature=youtu.be

17Avr

Agnès et Akram un duo prometteur pour la continuité pédagogique

” Depuis deux semaines [pendant le confinement], je fais de l’aide aux devoirs avec Akram, en CM1. [Cet enfant, ses parents et ses frères et sœurs sont des habitués de La Maison Des Familles – Les Buissonnets]. Le moment quotidien passé avec lui est le rayon de soleil de ma journée. Dans ce temps partagé [par téléphone, en visio], je donne vraiment la priorité à la relation qui se tisse entre nous, car je suis persuadée que c’est sur la qualité du lien que peut prendre appui l’apprentissage. Pour cela, j’essaie notamment d’être attentive à tous les signaux physiques que je peux observer pour essayer de clarifier ce qui se passe. Par exemple, lorsque je perçois des signes d’ennui, un besoin de bouger, une ombre de tristesse, je restitue avec des mots ce que je vois, comme un miroir tendu. Lui s’en saisit et nomme l’émotion ou le ressenti correspondant. L’autre jour, il a ainsi pu dire : “Je m’ennuie.” Je lui ai alors demandé de visualiser cet ennui en lui donnant une forme (“noire“), une consistance (“qui coule“), une température (“froide“). Comme nous étions en train de travailler sur les sorcières, je lui ai proposé d’imaginer ce qu’il ferait s’il avait des pouvoirs magiques. Quelle couleur donnerait-il à son ennui ? “Couleur arc-en-ciel“, m’a-t-il répondu… ça n’a pas tout transformé, mais au moins avons-nous pu continuer dans de meilleures conditions.
Je suis également attentive à mes propres besoins, pour parler au plus juste de ce que je suis. Comme je suis facilement gênée par le bruit ou le mouvement autour, je nomme les éléments du contexte extérieur qui me perturbent. “J’entends des pleurs, qu’est-ce qui se passe ?” “C’est ma petite sœur, elle pleure parce que mon frère lui pique ses doudous.” Et lui de m’emmener la voir avec le téléphone. Nous lui parlons quelques secondes, et le cours peut reprendre. “Tiens, tu marches pendant que je lis, tu ne veux pas t’asseoir dans un coin tranquille pour écouter ?” “Non, j’aime bien marcher.” “Alors d’accord.” Le fait de prendre soin de ce qui pourrait facilement devenir agaçant pour moi, en le nommant, me fait moi aussi gagner en disponibilité. Akram n’a pas arrêté de marcher pour autant, mais savoir que marcher n’entravait pas son attention a suffi à me rassurer sur sa qualité de présence et son engagement dans le moment, ce n’était plus un problème entre nous…
Le lendemain, au moment de la lecture, j’ai pris soin de lui demander de quoi il avait besoin pour être bien. Ce jour-là, il a choisi de s’asseoir dans un petit coin à l’écart, sur le balcon… dont le mur crépi nous a servi à explorer le sens du mot rugueux présent dans le texte : je l’ai invité à caresser le mur puis sa joue pour comparer les textures (rugueux VS doux ou lisse), puis à tracer avec son doigt la forme des pieds des vraies sorcières à qui manquent, comme chacun sait, les orteils (merci Roal Dahl !), ou encore une forme pointue, comme le bout des chaussures que qu’elles mettent pour cacher qu’elles n’ont pas d’orteils ! Nous sommes aussi partis à la recherche des myrtilles sur internet, pour voir de quelle couleur était leur salive “bleu myrtille“! Faire une place au corps, explorer ensemble, chacun sur son écran, une donnée inconnue de lui, en parler, et partager nos écrans, tout ceci contribue à ouvrir l’espace, sortir du confinement, faire de ce temps partagé un moment précieux, une aventure co-construite dont je ne sais jamais à l’avance la forme qu’elle prendra. Je marche au-dessus du vide, incertaine de réussir, mais dans ce lâcher-prise, chaque écueil dépassé, même imparfaitement, chaque geste de confiance manifesté par l’enfant est un trésor lumineux.
Oui vraiment, merci Akram, tu es un magnifique coéquipier! ”

Agnès, bénévole pour l’accompagnement à la scolarité

09Avr

Une voisine en or.

Sandrine P. était angoissée depuis le début du confinement : cette ancienne ambulancière, ne peut plus pratiquer son travail actuel en allant s’occuper des personnes âgées, leur faire des courses, le ménage…. Comment faire face seule au confinement avec ses 2 enfants Enzo et Zoé, 8 et 7 ans ? Et puis, Enzo a un léger handicap, il a besoin qu’on lui accorde une attention particulière. Sandrine a pas trop le moral.

Le Rocher de Toulon Sainte Musse appelle régulièrement pour prendre des nouvelles, ils échangent par message sur un groupe avec d’autres de la ‘famille du Rocher’ des recettes, des bonnes idées, des conseils, « c’est un réel soutien » pour Sandrine, une « vraie famille », reconnaît-elle, bien qu’elle ne côtoie Le Rocher que depuis septembre. Par ailleurs, Pexine, volontaire en Service civique appelle tous les jours une heure chaque enfant pour leur continuité pédagogique.

Et puis il y a une semaine, Sandrine a une idée : elle qui aime tellement aider, elle va mettre ses talents de couturière à contribution. En quelques jours, ce sont déjà plusieurs dizaines de masques que Sandrine a cousues, et qu’elle offre à son entourage : la caissière de l’intermarché du coin, si courageuse de travailler, la pharmacienne démunie de protection, à ses voisins, à Vianney, volontaire du Rocher : lui, il en aura un personnalisé, avec le logo du RCT, puisque partage la passion d’Enzo : le rugby.

Sandrine a retrouvé le sourire : ça la rend heureuse d’offrir, de faire plaisir et sourire. Elle est fière : même si elle est enfermée, elle a trouvé un moyen de se donner soi-même. Des habitants qu’elle ne connaît pas viennent l’aborder pour lui demander un masque.

Merci Sandrine pour votre générosité !

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